Mais comment t’as fait ? Hein ?

MonkeyTypist

C’est souvent une question qui revient, surtout posée par les aspirants écrivains, mais pas que… « Comment vous avez fait pour être édité? ». C’est pas difficile. J’ai couché. Ca c’est la réponse un peu lourde, un peu bateau, un peu con. Il y a aussi le plus classique « mon papa connaissait l’éditeur » ou le plus vénal « mon papa a donné de l’argent aux bonnes personnes ». C’est drôle. Ou pas. C’est surtout du niveau d’un film sur la littérature écrit par Franck Dubosc et ce n’est évidemment pas vrai. Cela a dû arriver. Cela arrive peut-être même encore… Mais ce n’est pas comme ça que Virtual World – que vous allez pouvoir (re)découvrir le 15 juin – a été édité. Nope.

L’histoire est à la fois simple… Et compliquée.

Simple parce que je travaillais déjà pour l’éditeur, Claude Lefrancq, en qualité de traducteur. L’anglais a peu de secret pour moi,  du moins celui de la culture populaire, et j’ai donc traduit pas mal de romans à l’époque. Et lorsque j’ai proposé l’idée de « Virtual World » à l’équipe éditoriale, ils ont trouvé ça plutôt sympa.

Ce n’est pas pour cela qu’ils m’ont signé un contrat d’un millions de francs lourd, sur la foi d’un beau résumé. Il a fallut que je l’écrive ce roman. Et il a été lu. Par un directeur de collection et par d’autres personnes. Avant qu’il entre dans la liste des « publications futures » de la maison. Et franchement, si j’avais transformé mon idée est un joli de tas de feuilles dactylographiées pleines de caca littéraire, le roman aurait rejoint la pile étiquetée « Non, merci monsieur, votre manuscrit n’entre pas dans notre ligne éditoriale ». Et j’aurais trouvé cela tout à fait normal. Ce n’est pas parce que j’avais pondu quelques bonnes traductions que mon travail d’auteur était, forcément, bon.

Ce processus, de l’idée à l’écriture, à l’acceptation par l’éditeur, c’est la partie compliquée. C’est la partie qui demande du boulot, de la sueur, des heures de développement et d’idées en flux continu.

Je reviens là-dessus dans ce post, parce que j’entends parfois, de-ci, de-là, sur les réseaux sociaux, ou lors de rencontres, des remarques sur l’inévitable aspect « co-opté » du monde de l’édition. Histoire de dire « bah, si tu ne connais personne, tu n’y arriveras jamais ». Et parfois, ça me fait un peu grincer des dents. Parce que ce n’est pas tout à fait faux. Mais je pense que c’est pareil dans TOUTES les disciplines. Dans une autre vie, j’ai aidé des demandeurs d’emploi à trouver du boulot. Et la première chose que l’on apprenait, c’est que les annonces « au grand jour », ne constituaient qu’une part relativement peu importante de l’offre. Le « marché caché » constituait une vraie mine d’or. Les contacts, les amis, le lien social, les échanges entre humains. Il en va de même dans le monde de la littérature. Reste qu’il ne faut pas se tromper. Si vous êtes un mauvais menuisier et que le cousin de votre voisin vous engage parce qu’il a entendu parler de vous, à la première planche découpée de travers, il va vous botter les fesses à coup de ciseau à bois. Et cela sera fini pour vous. Donc, même si la petite nièce du grand patron de Galimard place votre bouquin sur la bonne pile, il y a encore quelques kilomètres entre ce bureau… et les étagères d’une librairie.

Pour le coup, cela ne veut pas dire non plus qu’il n’y a pas d’injustice. Bien entendu, des histoires magnifiques, écrites avec talent et avec passion, restent à jamais entre les mains de leurs auteurs. Et des bouses sans nom parviennent à atteindre des chiffres de vente tout à fait raisonnable. Tout simplement parce que le monde, la vie, le grand tout, est un savant mélange de chance, d’injustice, de justice, de travail et d’arnaque, de coup de pouce et de coups de pute…

Le plus important, c’est d’écrire. Encore et toujours. Tous les jours. De proposer des choses, de raconter des histoires, afin de pouvoir les faire lire. Et d’espérer pouvoir un jour les partager avec le plus grand nombre.

Allez, j’arrête de vous casser les noix avec mes grandes théories ! Et je vous donne rendez-vous le 15 juin pour une bonne dose de cette écriture que j’adore partager avec vous !

 

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